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Un jour tout ira bien. Un jour, je me dirai que j'ai de la chance, que j'ai enfin réussi à trouver ma place, l'illusion paraîtra convaincante et je m'efforcerai d'y croire. Pour l'instant, je flotte, je me laisse porter sans conviction , m'enfonçant lentement mais sûrement dans un bourbier toujours plus mélasseux. La prépa érode le peu qu'il me restait de joie de vivre, use les dernières attaches. On , enfin je, me coupe du monde. J'abandonne. J'ai ce réflexe ridicule de prendre du recul par rapport à tout ce qui m'entoure pour mieux m'en protéger. Je regarde les gens de loin, et me hais quand je baisse la garde ; je ris aux mauvaises notes, aux remarques sanglantes des professeurs sur mon " comportement désinvolte". Je prends les gens de haut, paraît -il. Ils ont tout faux, et n'attendent que ma chute pour pouvoir m'attaquer. Je ne méprise personne, j'ai juste PEUR. Peur de m'engager dans quoi que ce soit, de lutter pour quelque chose, de m'impliquer. C'est toujours plus facile de vivre au conditionnel, de se dire que si on l'avait voulu, on aurait très certainement pu. Peur de faire confiance, d'être dépendante, de dévoiler ses faiblesses , même si elles sont plus visibles qu'on ne le croit. Peur de perdre: se battre pour avoir ou garder ce qu'on veut , c'est jouer, parier sur soi-même, sur notre amour propre et l'idée qu'on peut se faire de soi. Quelqu'un qui ne connaît qu'une partie de vous ne peut pas vous juger en connaissance de cause, ce n'est que partiel. Peur d'être bidon, de ne pas mériter le peu de succès que j'ai. Je suis première en prépa HEC et j'ai l'impression d'être un imposteur arrivé là par hasard , qu'on m'attend au tournant pour dévoiler la vérité, le vide qui m'entoure. Et sans cette sorte d'aura d'intelligence qui excuse ma bizarrerie, je ne suis plus rien. Mais, un jour, un jour tout ira bien, toutes ces barrières en moi s'ouvriront. Un jour, peut-être, l'extase.
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Un jour tout ira bien. Un jour, je me dirai que j'ai de la chance, que j'ai enfin réussi à trouver ma place, l'illusion paraîtra convaincante et je m'efforcerai d'y croire. Pour l'instant, je flotte, je me laisse porter sans conviction , m'enfonçant lentement mais sûrement dans un bourbier toujours plus mélasseux. La prépa érode le peu qu'il me restait de joie de vivre, use les dernières attaches. On , enfin je, me coupe du monde. J'abandonne. J'ai ce réflexe ridicule de prendre du recul par rapport à tout ce qui m'entoure pour mieux m'en protéger. Je regarde les gens de loin, et me hais quand je baisse la garde ; je ris aux mauvaises notes, aux remarques sanglantes des professeurs sur mon " comportement désinvolte". Je prends les gens de haut, paraît -il. Ils ont tout faux, et n'attendent que ma chute pour pouvoir m'attaquer. Je ne méprise personne, j'ai juste PEUR. Peur de m'engager dans quoi que ce soit, de lutter pour quelque chose, de m'impliquer. C'est toujours plus facile de vivre au conditionnel, de se dire que si on l'avait voulu, on aurait très certainement pu. Peur de faire confiance, d'être dépendante, de dévoiler ses faiblesses , même si elles sont plus visibles qu'on ne le croit. Peur de perdre: se battre pour avoir ou garder ce qu'on veut , c'est jouer, parier sur soi-même, sur notre amour propre et l'idée qu'on peut se faire de soi. Quelqu'un qui ne connaît qu'une partie de vous ne peut pas vous juger en connaissance de cause, ce n'est que partiel. Peur d'être bidon, de ne pas mériter le peu de succès que j'ai. Je suis première en prépa HEC et j'ai l'impression d'être un imposteur arrivé là par hasard , qu'on m'attend au tournant pour dévoiler la vérité, le vide qui m'entoure. Et sans cette sorte d'aura d'intelligence qui excuse ma bizarrerie, je ne suis plus rien. Mais, un jour, un jour tout ira bien, toutes ces barrières en moi s'ouvriront. Un jour, peut-être, l'extase.
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